Pour que vive la Méthode naturelle telle que Paul Le Bohec la mettait en œuvre
Pour que vive la Méthode naturelle telle que Paul Le Bohec la mettait en œuvre

L’évaluation en Méthode naturelle

L’évaluation en Méthode naturelle : une affaire du groupe

Le Débat Mathématique Libre (DML) est un dispositif qui permet de jauger très précisément les connaissances des enfants. Sa mise en œuvre permet l’expression des représentations mentales initiales de chacun, leur agrandissement par le débat et l’émergence d’une pensée collective.

C’est un formidable moyen de mesurer avec justesse les connaissances de chacun, cette évaluation résultant exclusivement d’un travail d’échange dans le groupe, la parole du maître ayant la même valeur que celles des enfants.

La pratique quotidienne du DML avec un groupe positif non jugeant engendre des relations et une connaissance interindividuelle d’une grande finesse :   tout le monde se connaît, chacun a repéré l’autre, ses habitudes, ses compétences, mais aussi sa vulnérabilité, son caractère, ses choix, ses préférences... Nous ne sommes plus en présence d’une addition d’individus, mais d’une entité à part entière avec une identité originale d’une telle force que le groupe court le risque de la perdre si un seul de ses membres vient à disparaître.

Dans ces conditions, lorsqu’il s’agissait de remplir les carnets d’évaluation destinés aux parents, toute la classe se mettait au travail : nous nous installions en rond et examinions un à un collectivement tous les items du carnet.

« Qui pense savoir compter jusqu’à cent ? Qui connaît bien le nom de toutes les dizaines ? »

Chacun savait ce qu’il savait faire et ce que savaient faire les copains. Au fur et à mesure de l’échange, je cochais les livrets d’évaluation qui de cette façon se trouvaient complétés très rapidement et aussi justement que si je l’avais fait seule en y consacrant de nombreuses heures, temps précieux qui auraient pu être avantageusement utilisé pour les apprentissages.

C’est une méthode de travail qui fonctionne dans tous les langages, à partir du moment où les apprentissages se font au sein d’un groupe fraternel, à égalité des intelligences. Je consacrais 75% de la présence des enfants à l’école au débat et au travail de groupe. Autant dire que tout le monde, maître inclus se connaissaient parfaitement, et osons le dire avaient appris à développer la philia qui offre à chacun la possibilité de se sentir accueilli favorablement dans le groupe y compris dans sa vulnérabilité.

Afin de donner le change aux instances demandeuses de traces écrites, je prévoyais un classeur par enfant contenant leurs travaux qui pouvaient être considérés comme des bilans ou des évaluations.

Monique Quertier, 24 octobre 2016