Mise en place d'un compagnonnage
C’est au congrès de Bétheny, été 2021, que j’ai entendu parler d’un phénomène mystérieux : « le compagnonnage ». Une formation individualisée auprès d’un expérimenté en Pédagogie Freinet ? J’ai sauté sur l’occasion, ou plus précisément sur Jean Astier, qui m’a mise en relation avec Monique Quertier, retraitée et, j’allais le découvrir, héritière de la pensée de Paul Le Bohec.
Je l’ai appelée, elle m’a accueillie, on s’est vu et on a discuté longtemps. Une discussion passionnante sur la Méthode naturelle, les besoins de l’enfant, la fonction du groupe. Pour m’aider à passer à une pratique pédagogique freinetique dans ma classe, Monique m’a expliqué concrètement comment elle faisait dans sa classe, l'expérience d’années de tentatives et de réajustements. Du texte libre au Débat mathématique libre en passant par la disposition des tables… À mes questions, Monique me répondait avec pertinence : des conseils d’organisation accessibles et simples à mettre en place. Je me projetais et je notais…
La méthode du Débat Mathématique Libre est rapidement devenue l’exercice central de mon entraînement. Tant mieux, ce domaine me semblait tellement compliqué à appréhender en Méthode naturelle que me faire accompagner de A à Z était un scénario rêvé.
J’ai commencé par lui envoyer par mail des photos des productions, annotées avec les commentaires des enfants, que je notais après la séance. Monique me faisait rapidement un retour par mail ou par téléphone. À chaque obstacle, elle avait une solution simple que je pouvais mettre en place directement à la prochaine tentative. Par exemple :
Je remarque : C’est trop long, au bout de 20 minutes, l’attention des enfants est partie.
- Tu réduis ta séance à 20 minutes.
- Mais ça veut dire qu’on ne verra pas toutes les créations mathématiques.
- Pas grave, tu feras tourner : [s’ensuit une explication de l’organisation à adopter pour résoudre le problème]
- Merci, Monique ! [La nouvelle organisation est parfaitement adaptée, l’intérêt des enfants reste intact, ma motivation est valorisée, et on avance.]
C’était un gain de temps inouï. Au lieu de galérer toute seule, me démotiver et finir par lâcher l’affaire, je rebondissais tout de suite grâce à ma conseillère perso en MN. Le rêve !
Par la suite, Monique a proposé que je filme la séance. Je ne l’avais jamais fait avant, craignant le jugement. Mais mon envie de progresser, couplée à ma confiance en Monique et sa lutte sincère pour répandre la Méthode naturelle de mathématique et transmettre l’héritage qu’elle avait reçu de Paul Le Bohec, a été plus forte que mes complexes. Rien à perdre, tout à gagner. J’ai dû ressentir la même sensation de plongée qu’un enfant qui se lance pour la première fois dans une prise de parole pour exprimer sa perception d’un concept pas encore acquis : l’enfant ose seulement s’il est sûr de l’accueil bienveillant en face. Et puis, quand on voit que cela apporte des résultats et que l’on progresse, on a envie de re-plonger.
En guise de conclusion :
Pour se lancer dans un compagnonnage
- Chercher un binôme [adresse du site référençant les compagnons et compagnes volontaires].
- Prendre contact, boire un thé, en personne ou en visio, voir si le courant passe.
- Profiter de cette nouvelle formation ultra-personnalisée (gratos en plus !).
Alexandra Gatt