Pour que vive la Méthode naturelle telle que Paul Le Bohec la mettait en œuvre
Pour que vive la Méthode naturelle telle que Paul Le Bohec la mettait en œuvre

Mon école rêvée

C’est une école populaire, dans une société égalitaire.

Une école où il y a des groupes d’enfants, pas de programme avec des listes de choses à apprendre. Un maître qui est là pour accompagner, favoriser les augmentations de puissances de vie.
Un maître qui fait travailler la pensée des enfants en installant les conditions favorables à la Méthode naturelle, afin qu’ils entrent naturellement dans les apprentissages.

Des classes qui ne comportent pas plus de vingt enfants pour pouvoir travailler facilement en demi groupe. Chaque enfant peut ainsi profiter à son tour d’un moment avec le maître, moment où s’exerce pleinement la Méthode naturelle et d’un moment pour son tâtonnement expérimental individuel.

Une école où il y a des classes multi-âges, trois niveaux d’âge minimum, et la possibilité pour le maître d’avoir son groupe entier toute l’année afin que se développe une véritable intimité entre lui et les enfants, ce qui est une des conditions du bon fonctionnement du groupe : pour que la Méthode naturelle fonctionne, il faut que le groupe fonctionne. Ce n’est pas en le « cassant » sans arrêt avec des décloisonnements que l’on parvient à installer les conditions favorables à la Méthode naturelle.

Une école où on ne fait pas forcément ce qu’on veut, où il y a un projet de l’adulte sur l’enfant : celui de favoriser au maximum sa puissance de vie.

Une école qui met en œuvre la Méthode naturelle, méthode de vie qui favorise l’écoute de l’autre, le souci de l’autre, le développement des capacités d’analyse afin que les enfants soient capables de porter un regard critique sur le monde, qu’ils ne gobent pas tout.

Une école où on les force à écrire, où on les force à faire des maths, où on leur offre tous les langages afin qu’à travers ces différents langages qu’ils auront appris à connaître, à goûter, ils puissent apprendre à se connaître et à reconnaître le chemin qu’ils ont à suivre.

Une école où on apprend, où les enfants deviennent des citoyens auteurs de leur vie, pour qu’ils puissent agir sur le monde qui les entoure.

Une école où le maître est un catalyseur, c'est-à-dire celui qui ne sert à rien, mais qui est indispensable.

Une école où les enfants vivent pleinement leur vie, dans un lieu adapté : architecture intérieure pensée et ouverte sur l’extérieur.

Si je devais reprendre du service

Voici comment il me semble que je m’organiserais au sein de ma classe :
Ma classe, première classe multi âge du primaire, 20 enfants de 6 à 9ans (CP/CE1/CE2).
Pas de programme avec des listes de « choses » à apprendre mais plusieurs langages à offrir aux enfants : oral, écrit, math, chant, corporel, graphique.
Mise en œuvre de la Méthode naturelle à partir de l’expression-création dans tous ces langages, au sein du groupe, classe entière ou moitié de classe selon les langages — les enfants en autonomie pouvant gérer un travail personnel, recherche ou entraînement ou se rendre dans un atelier de la classe.

Écriture d’un texte libre tous les jours : je suis disponible en passant derrière les enfants pour les aider. Régulièrement et à tour de rôle, un texte est mis à l’honneur et est affiché ensuite dans la classe pour l’affectif et l’accumulation de références (environ 1 heure).

Mathématique libre : tous les jours un débat mathématique à partir des créations des enfants. (3/4 h à 1 heure) avec la moitié de la classe.

Méthode naturelle de corporel, tous les jours ½ h, soit dehors, soit dans le préau, soit dans la classe…

Pour l’oral, diverses possibilités : techniques parlées (avec l’aide d’un enregistreur), création collective d’histoire, jeux poétiques, sonores, mais aussi tous les débats sur des thèmes amenés avec les questionnements d’enfant dans tous les domaines, débats au cours desquels les enfants apprennent à argumenter.
Je ne néglige pas la fonction phatique des paroles des enfants qui s’installent en classe en arrivant le matin. Souvent ce sont des moments où apparaissent des questionnements.

Méthode naturelle de chant : il faudrait que je me lance… j’ai très peu pratiqué.

En plus du coin arts graphiques, les enfants ont en permanence sur leur table un carnet de croquis où ils dessinent à volonté avec crayon noir ou bic bleu.

Organisation matérielle de la classe :
Au centre de la classe qui doit être assez grande, des tables individuelles groupées.
Devant le tableau un espace avec des bancs pour les regroupements lors des débats.
Très près de ce lieu, le matériel mathématique pour les débats mathématiques libres.
Des coins ateliers dans le fond et sur les côtés. Ateliers permanents comme bibliothèque, arts graphiques, mathématiques, deux ordinateurs avec un traitement de texte pour la mise au net des écrits, expérimentation scientifique (matériel de mesure, de construction, etc.), bricolage, découpage… Plus des ateliers occasionnels si la classe est lancée sur une recherche particulière.
Ce qui me semble indispensable aussi, c’est un coin toilette attenant à la classe avec un lavabo.

Bref, une école où il fait bon vivre !

Monique Quertier, août 2024