Pour que vive la Méthode naturelle telle que Paul Le Bohec la mettait en œuvre
Pour que vive la Méthode naturelle telle que Paul Le Bohec la mettait en œuvre

Comment motiver et faire travailler efficacement les élèves

D’abord, motiver : un enfant est motivé quand il est intéressé. Comment l’intéresser ?

Il est intéressé quand ce qu’il entend correspond à un questionnement qu’il a.

Tout discours pédagogique (ou leçon, ou débat, ou exposé, ou …), s’il est bien préparé peut intéresser l’enfant. Oui mais l’intéresser sur le moment. Il a compris ce qu’on lui a démontré parce que le maître a mis le paquet pour que l’enfant comprenne (j’entends : le maître a bien préparé sa leçon).

On le vérifie avec des exercices d’application. Le lendemain, il réussit encore les exercices de contrôle, le surlendemain aussi. Et une semaine après, peut-être encore. Mais au bout d’un mois, déjà il réussit moins bien… et après…

Ce qu’il avait emmagasiné lors de la séquence d’apprentissage correspond à un savoir éphémère. La connaissance a disparu avec le temps. Pourquoi ?

Si pendant la séquence d’apprentissage, l’enfant entend une connaissance, une notion, un savoir, une idée qui correspond justement à un questionnement, une curiosité qu’il a, un problème qu’il se pose personnellement, alors la notion apprise ce jour-là, il risque de la conserver parce qu’elle fait référence à une représentation qu’il a du problème, il peut faire le lien avec ce qu’il a déjà dans sa tête, ses représentations. C’est comme une pierre qui vient s’ajouter, non seulement en complétant sa connaissance mais parfois en cassant la représentation qu’il en avait.

Oui, mais comment faire pour que les séquences d’apprentissage en classe abordent des notions qui intéressent l’enfant, donc qui correspondent à un vrai questionnement qu’il a ?

Ne plus faire de séquences où l’on a programmé des notions à acquérir, tout simplement… et faire en sorte que l’enfant puisse exprimer ses questionnements. Ne plus considérer que l’enfant est un vase à remplir, que c’est le maître qui détient le savoir, les connaissances dont il doit emplir la tête des enfants (je caricature, mais peut-être pas tant que ça…).

L’important est que l’enfant puisse s’exprimer librement pour faire remonter ses représentations mentales initiales afin que celui qui l’écoute sache ce qu’il sait des choses et puisse aussi le contredire en exposant ses propres représentations.

Et dans la classe alors, quelle organisation ?

Prévoir des moments de débats dans toutes les activités pédagogiques. Le maître gère le débat, il est le garant de la qualité de l’échange (écoute, respect de la parole de l’autre…). Chaque enfant s’exprime librement en énonçant ce qu’il pense. Celui qui le contredit doit prouver. Chacun apporte sa solution, son idée et chaque enfant ressort du débat soit en maintenant ses positions, soit en ayant fait évoluer ses représentations. À la fin du débat (on pourrait aussi dire dialogue pédagogique), le maître fait le point avec les enfants sur les notions sûres, les doutes, les questionnements. Alors peut commencer une activité de recherche, un travail en atelier, avec documents, pour vérifier les notions abordées pendant le débat et essayer de trouver des réponses aux questionnements. Le rôle du maître alors est d’organiser cette recherche, ayant bien entendu les vrais questionnements des enfants.